C’est une petite chose, mais cela change tout : se mettre à la hauteur d’un enfant quand on lui parle. Lui épargner la sensation de faiblesse et de domination ; lui éviter cette posture inconfortable qui fatigue le cou et fait perdre sa concentration ; Pouvoir le regarder droit dans les yeux et lui parler sans crier.

Les enfants ne sont pas bêtes. Ils savent bien que notre temps en précieux. Ils savent bien que l’on doit souvent « se dépêcher » parce que l’on va « être en retard » à moins que nous n’ayons déjà « pas le temps » de partager cet instant qu’ils aimeraient passer avec nous. Se mettre à la hauteur d’un enfant quand on lui parle, c’est montrer à cet enfant combien il est important pour nous qu’il comprenne. C’est lui faire savoir que ce moment va être important. Prendre le temps de remonter un peu son pantalon, peut être ses manches, de plier le genoux, de chercher son équilibre accroupi(e), c’est prendre le temps de créer un environnement favorable à la bonne réception de notre message. C’est lui montrer que toute notre attention est tournée vers lui. C’est prendre 2 mn de plus pour ne pas avoir à répéter 5 fois.

D’ailleurs, rien ne nous empêche de souligner cette volonté  : « tu vois, je prends le temps de me mettre à ta hauteur, de te regarder dans les yeux et de parler doucement car il est important pour moi que tu comprennes ce que je vais te dire. »

Parfois, pour ne pas perdre de temps, il faut mieux en prendre un peu plus dès le début. Au lieu de ranger la cuisine en criant aux enfants de ranger leurs jouets, aller les voir, se mettre à leur hauteur et leur expliquer que l’on a vu dans la cuisine que beaucoup de leurs jouets étaient par terre. Au lieu de leur crier de se préparer, se mettre à leur hauteur et faire un point sur ce dont il ont besoin pour pouvoir aller dehors.

Se mettre à leur hauteur et le faire tout de suite. Pas un fois que l’on a constaté l’échec de la méthode « je hurle comme une furie depuis ma cuisine ». Pas une fois que l’on est trop énervée. Pas une fois qu’ils sont déjà perdus dans notre débit et notre volume de parole. Se mettre à leur hauteur comme un automatisme, parce que la communication est une question d’attention entre deux personnes. Attention de celui qui reçoit et attention de celui qui qui donne. Parce que c’est une petite habitude qui peut changer beaucoup de choses.