Une vive discussion avec mon acuponcteur m’a fait intensément réfléchir sur la vie et la fonction de chacun. De façon très synthétique, j’ai passé une bonne partie de ma vie à ne pas oser faire par peur d’échouer. J’ai toujours eu beaucoup d’idées mais une espèce d’obligation de résultat inconsciente m’empêchait de me lancer si je n’étais pas sûre de réussir. De ce fait, je me cantonnais à faire ce que je savais faire. Rien de renversant, rien d’innovant, rien d’excitant.

Quand j’ai réalisé le pourquoi de ce frein (= cette impression que l’échec n’est pas permis), quelque chose s’est débloqué. J’ai commencé à faire. Pas forcément des choses incroyables tout de suite mais déjà faire. Le jardin, la maison, l’éducation par la bienveillance, des commandes d’oranges bio, commencer la planche à voile, prendre des cours de chant, Bloomette.

Aujourd’hui, j’en suis au point où je ne ressens plus vraiment d’appréhension à me lancer dans un nouveau projet. Je n’ai plus peur de l’échec ni – car c’était en fait le point central – du jugement des autres. Et, tout aussi fondamental, je n’ai plus peur de refuser le jugement de mon entourage. Plus de façon agressive comme une adolescente en colère mais relativement posément. Parce que cela ne sert à rien. Parce que je ne veux plus perdre mon temps à analyser leur jugement alors autant qu’ils ne perdent pas le leur à me juger.

Maintenant je suis dans une phrase de tri entre mes différents projets. Mais le point sur lequel je voulais arriver à travers cet article, c’est la notion de fonction. J’ai toujours lu que pour trouver sa fonction, il est important de faire. C’est le premier point, c’est la base. Ce qui m’embête, c’est que maintenant que je fais sans me préoccuper du résultat, mon acuponcteur a fait entrer une nouvelle notion : l’efficacité. Et là je bloque. L’efficacité n’est-elle pas un jugement? Une obligation de résultat quand à la qualité de l’action? Comment évalue-t-on l’efficacité?

Et c’est la que j’en arrive à la reine des abeilles. La reine des abeilles, c’est quelque part le must de la société. Avoir de l’influence, du pouvoir, se sentir irremplaçable, important, extra-ordinaire. Dans notre société ultra-médiatisée, on a parfois l’impression que chacun d’entre nous pourrait être la reine des abeilles. Internet nous harcèle des ces histoires hors du commun de toutes ses personnes inconnues qui sont devenues connues et que tout le monde écoute et suit.

Mais sommes-nous tous faits pour être la reine des abeilles?

Quelque part, quand il m’a demandé des comptes sur mon efficacité, j’ai eu l’impression que mon acuponcteur avait peut-être raison. Que la reine des abeilles, c’est la meilleur position de la société. Que c’était donc cela l’objectif. Qu’il faudrait peut-être que je m’attache de façon plus sérieuse et poussée sur un projet principal en recourant à tous les moyens possibles pour atteindre mes fins. Que je me restreigne davantage pour devenir plus influente. Sauf qu’au fond de moi, je sens que je suis un papillon. Pas la reine des abeilles. Mon truc à moi, c’est de papillonner. D’aller de projet en projet. D’aider ceux qui se trouvent sur mon chemin et qui ont besoin de moi. Cela n’a pas être pas autant de poids que « Cash Investigation » mais je me sens sur le bon chemin et je sens que j’avance.

Alors non, je ne suis peut-être pas la reine des abeilles mais sans papillon pour l’aider à renouveler les fleurs du jardin, elle aurait bien du mal à être nourrie de sa gelée royale la reine d’abeille

Cela dit, je vais quand même essayer d’appliquer les conseils de Leo Babauta dans son livre sur l’efficacité.